Interview – Retour sur l’hiver épique de Cornelius Accoh

Le biarrot Cornelius Accoh, 19 ans, a passé son année entre études en STAPS et les entrées de grosses houles. Guns toujours prêts à être sanglé sur le toit, Cornelius a découvert les vagues monstrueuses portugaises de Nazaré.

Nazaré, le 16 novembre dernier.

Il nous raconte ces journées incroyables, à pousser toujours plus loins ses limites.

  • Alors cet hiver, peux-tu nous le résumer en 3 mots?
    Intense, hors-norme, réussi
  • A-t-il été à la hauteur de tes/vos espérances et objectifs?
Mon objectif était de prendre au moins 1 vague à Nazaré. Quand t’as 18 ans, que tu prends la voiture de tes parents pour aller jusqu’à Nazaré pour la première fois et que tu arrives à prendre des vagues, je pense qu’on peut dire que l’objectif est atteint. Ce qui a été vraiment déterminant pour la suite c’est que ce n’était qu’en Novembre. Il me restait donc environ 4 mois pour faire ce que je voulais de la suite de l’hiver. Alors qu’est-ce que j’ai fais ? J’y suis retourné début février. Malheureusement je n’ai cette fois-ci pas eu de bonnes vagues. J’étais frustré, mais maintenant je connaissais l’endroit. Alors j’y suis retourné une dernière fois début mars, et je suis resté sur place 10 jours pour être sûr d’avoir au moins une bonne session. Mais mis à part une grosse session en bodysurf où j’ai pris la rouste de ma vie, je n’avais pas réussi à prendre la vague que j’attendais. Elle n’est arrivé que le dernier jour, lors de ma dernière session. Et le lendemain à 8h j’étais en France en cours (rire). Cette vague m’a valu une nomination aux XXL Award, et c’était ma dernière vague à Nazaré de l’hiver. Je n’en aurai jamais espéré tant.
  • Comment vous étiez-vous entrainés?
Avec Clément (mon pote et partenaire de surf de grosses vagues) on a des entraînements d’apnée 1 à 2 fois/semaine. Je fais personnellement beaucoup d’étirements, et un peu de renforcement musculaire. Mais la majeure partie de la préparation est mentale. Pour ça il faut passer le plus de temps possible dans l’eau, aller surfer en gun dès que possible et être confiant dans le matériel utilisé.
crédit Rafael Riancho / WSL
  • Vous avez passé un sacré moment à Nazaré. Quel a été l’accueil des locaux?
Oui en tout Clément y est resté plus de 2 semaines et moi entre 3 semaines et 1 mois. Dans l’eau, quand les vagues sont vraiment grosses, il n’y a pas de localisme. Quand quelqu’un a la bombe, tout le monde crie pour l’encourager. Il y a beaucoup d’entraide. Il y a forcément un peu plus de localisme quand les vagues sont plus petites, beaucoup de bodyboarders. Mais en tout cas pour nous ça s’est bien passé. On a eu la chance d’être introduit par Fred David qui habite là-bas depuis quelques temps maintenant. Il connaît les figures locales, les bons restos, les gens à qui demander conseil etc. J’en profite d’ailleurs pour le remercier encore une fois. Il nous a vraiment beaucoup aidé sur place.
  • Quel a été le moment le plus fort de cet hiver?
C’était le jour du Nazaré Chellenge, on s’est mis à l’eau quelques minutes avant la fin de la finale, le temps d’arriver au pic. Les vagues nous paraissaient géantes. Mais on a réussi à prendre plusieurs vagues chacun. Un peu avant la nuit un bon set est arrivé. Clément est parti sur une bombe en gauche, et j’ai pris la suivante, identique, en droite. On s’est retrouvé sur le sable. On ne croyait tellement pas à ce qu’on venait de faire qu’on rigolait comme des gosses. On a remonté cette mythique falaise les guns sous le bras, et c’est vrai que ça faisait bien plaisir quand on pense qu’on a commencé à surfer des grosses vagues quelques années plus tôt à Guéthary.
  • Qu’as-tu appris?
C’est tellement difficile d’avoir une bonne vague, ça bouge tout le temps. Même si tu veux absolument la bombe et que tu es préparé pour, tu n’es jamais sûr de réussir à l’avoir. Il y a une grande partie de chance à Nazaré. Et quand la vague t’arrive dessus, il ne faut pas la refuser, ça peut être la seule de la session. Et bien-sûr il faut être mentalement et physiquement prêt pour bouffer. Certaines vagues peuvent être hyper violentes, et ce ne sont pas forcément les plus grosses. Nazaré je la vois un peu comme un Kinder surprise. Tu peux pas savoir à l’avance si tu vas prendre la vague de ta vie ou la rouste de ta vie.
  • Et cet été, où peut-on te croiser?
Cet été j’en profite pour décompresser un peu. Je travaille dans un surfshop pour me faire un peu d’argent. Je vais me remettre à fond dans le longboard aussi. je vais notamment faire 3 compétitions: la Biarritz Belza Classic début Juin, Le Wheels and Waves Invitational mi-juin, et je vais finir avec un LQS en Espagne fin août.
  • Et l’hiver prochain, ils vont où les Gun Brothers? 
Oui venez suivre nos aventures sur Instagram grâce à notre compte @gun.brothers !! On va essayer de passer un maximum de temps à Nazaré. On a d’autres projets de surf de grosses vagues à l’étranger mais on va attendre un peu avant d’en dire plus, le temps que ça se concrétise.
Translate »