Récit de 17 jours à arpenter les kilomètres de pistes entre le nord de l’Afrique du Sud et ses parcs majestueux, et le Mozambique et sa côte sud si sauvage, à bord de notre 4×4 et des tentes sur le toit. La Chipiron Family vous raconte.

Lorsque nous avons décidé de ce voyage, les envies de chacun divergeaient un peu entre l’envie de partir à la découverte des Big 5, le surf, les plages de sable blanc, les canyons,… En 17 jours, au vue de la taille de ces régions, il fallait faire des choix.

Déjà, où et comment dormir? 4×4? Camping-car? Guest houses? Aibnb? Vous commencez à nous connaitre, la bougeotte fait partie de notre façon de voyager. Au vue des routes (qui s’avèrent être plus des pistes que des routes, notamment au Mozambique 🙂 ), nous trouvons le compromis parfait: le 4×4 avec tentes sur le toit. (compter environ 100€/jour avec assurance). Cela va nous permettre de vivre quelques moments folkloriques, des petites sueurs au montage et démontage quotidiens, mais surtout d’être au plus proche de la nature et entre famille.

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Boardbag, 2 sacs à dos avec le minimum, jumelles et autres accessoires d’aventuriers, nous embarquons, direction Johannesburg pour récupérer notre carrosse.

Après un vol Biarritz-Paris-Paris-Johannesburg sans encombre, l’agence de location nous récupère directement à la sortie. Nous découvrons notre 4×4 Nissan, ses compartiments, ses tips pour monter et démonter les tentes, le volant à droite, les options tout-terrain… Damien prend rapidement la main et nous voilà partis sur les routes sud-africaines, direction Sabie pour un premier stop. Après 4h de route (et quelques cafés pour rester éveillés), nous arrivons dans ce village situé à 1200 mètres d’altitude dans la plus grande forêt de sapins plantée du monde (l’exploitation du bois étant la principale économie de la région), Nous découvrons les maniements pour installer le camp et profiter d’une douce nuit pour prendre des forces.

Lendemain, réveil avec le soleil et le bruit des oiseaux vers 5h30. Nous rempaquetons nos affaires, pour la cascade Lone Creek. Après quelques kilomètres, nous arrivons dans le parc naturel, et rapidement, face à nous, une chute d’eau de plus de 60 mètres de haut, aucun touriste, une végétation luxuriante. Les enfants restent sans voix.

lone-creek@chipiron_surf

Comment se sentir minuscule face aux éléments…

Après discussions sur le parcours, les enfants n’ont qu’une idée en tête: aller voir les animaux. C’est noté! Nous partons dès le 2ème jour pour le Park Kruger.

Premières sensations après être descendus du plateau: il fait chaud. Même TRÈS chaud. Les bobs et casquettes ne seront pas de trop dans ce périple. Sorti des grandes villes, le pays garde cet aspect si sauvage et nature. Les kilomètres en voiture sont l’occasion d’apprécier le paysage et la vie du bord des routes (en esquivant vaches et autres troupeaux pouvant traverser à n’importe quel moment).

Nous arrivons à la porte Paul Kruger, située au sud ouest du parc (qui fait tout de même 20 000km2 de superficie, près du double des Landes). Après les divers papiers remplis et les avertissements intégrés, nous voilà partis sur la piste des Big Five! L’aventure peut commencer.

A la recherche des Big Five

En quelques heures, nous voyons des éléphants ééééénormes, des singes (et leurs bébés (coeurs avec les mains) ), des impalas (en veux tu, en voilà), des phacochères, des zèbres, des girafes,… Le Roi Lion en direct.

Nous décidons d’aller planter la tente au camp Skukuza, pour ensuite pouvoir faire une boucle de plusieurs kilomètres le lendemain. Au milieu des phacochères et des kudus, nous passons notre première nuit dans le Kruger.

Nous décidons le lendemain de mettre nos réveils à l’aube pour augmenter nos chances d’apercevoir les plus belles bêtes de la savane. Et ça en valait vraiment le coup. Au programme: lions ET lionnes, léopard en pleine sieste, éléphant qui nous charge, mini croco, et surtout HYÈNE! “non, une hyène n’est pas mignonne, Téo!”

Avec un tel succès, la pause de l’après midi est bien méritée. Nous nous arrêtons cette fois au Crocodile Bridge camp. Celui-ci est un peu plus sommaire mais nous sommes face à la savane africaine, à ses bruits sauvages. Nous sommes au coeur du poulet. L’ambiance est tellement folle, indescriptible. Le lendemain, on se lève à 3h30, pour encore plus d’aventures. Et une fois de plus, nous serons récompensés. Encore nos copines hyènes, un guépard (bien repu de sa chasse), encore des éléphants massifs (que nous n’approchons plus trop après la frayeur d’hier).

Julie – “je ne pensais pas en prendre tellement pleins les yeux. Les enfants ont halluciné face à la beauté de ces bêtes.”

En route pour le Mozambique

On nous avait prévenu: le passage de frontière au Mozambique pouvait être un peu tendu. Bianca Buitendag nous avait notamment listé plusieurs choses à ajouter dans notre véhicule pour éviter toute tentative de backshish: 2 autocollants ZA (Afrique du Sud), les actes de naissances internationaux des enfants, des copies des passeports, des vaccins,… Et qu’il faudra attendre entre 2 ou 3h… On arrive alors un peu tendus, à cette “fameuse” frontière, à Lebombo…

Nous passons au poste sud-africain, on se fait tamponner les passeports, et Go pour le Mozambique. Nous nous faisons alpaguer par ci- par là, “oui, je fais partie du gouvernement”, “regarde mon badge, arrête toi.”… autant de personnes qui nous arrêtent. On arrive finalement au niveau du poste frontière. Le policier nous demande d’ouvrir le coffre. Un pack de bières fraiches en moins, il nous somme de passer.

On se regarde, on avance et le Mozambique s’ouvre à nous. Même avec l’expérience du voyage, avec le portugais en plus, il est vrai qu’on a perdu un peu nos repères. Ce ne sera qu’après plusieurs kilomètres qu’on se rend compte que nous n’avons PAS de visa 😬. Quoi faire? On appelle nos contacts au Mozambique et Afrique du Sud. On sortira, avec un peu de patience.

Notre première étape au Mozambique sera à Xai-Xai, une petite ville bouillonnante, sur la côte. Surpris de trouver un camping ouvert à cette période (fin des vacances scolaires pour eux), nous nous posons face à l’océan. Il y aurait peut-être une vague… on verra demain. D’abord, un bain de mer avec les locaux. 4 petits palots en vacances 😂 Les gens sont adorables. Téo se sent très vite à l’aise et n’hésite pas à jouer avec les enfants dans l’eau.

Le lendemain, nous décidons d’aller explorer les environs avant de reprendre le chemin de Tofo.

Damien est comme un gosse avec son 4×4 entre les mains. Les pistes de sable nous amènent jusqu’à des plages sublimes, offrant de superbes piscines à l’eau translucides. Nous nous arrêtons face à un ancien hôtel abandonné dans les années 70, à l’indépendance du Mozambique. Nos apprentis Robinson Crusoé partent directement à la recherche de crabes et autres murènes cachés dans les rochers.

Direction Tofo

La route fait tout autant partie du voyage. Du sud au nord, s’étend la nationale dans un bon état général, mais nous avons surtout adoré nous aventurer sur les pistes perpendiculaires. A proximité des habitations, n’hésitez pas à vous arrêter pour savourer un ananas, quelques bananes ou autres noix de coco, et pourquoi pas se prendre un bain dans une des lagunes entre Quissico et Chidenguele.

En fin de journée, nous voilà arrivés à Tofo, un dimanche après midi.
Bon, on est un peu loin du petit village de pêcheurs, tranquille, décrit sur les divers blogs. En plein été, tous les week-ends, le village se remplit de fêtards, locaux et touristes. On croise les doigts pour une accalmie dès le lendemain…

Nous nous installons sur le parking du backpackers. Nous sommes une nouvelle fois tous seuls sur le grand espace, ce qui n’est pas pour nous déplaire 🙂

Ce sera notre spot pour les 3 prochains jours. 

Nous sortons enfin les planches du boardbag. Nous avions emporté une Bonite 6’0 verte kaki, et une Gambas en 6’4. 

Le premier matin, nous nous dirigeons vers la petite plage de Tofo et ses quelques lignes. La houle ne semble pas être présente mais nous en profitons pour faire surfer les enfants, heureux de pouvoir surfer en maillot ET tshirt, vu la chaleur qu’il fait.

Finalement, Damien décide de contourner la pointe pour aller voir le spot de Tofinho qui s’annonce un peu plus intéressant.

On ne le reverra que 2h plus tard, assoiffé et tout rouge 🦀  Mais il aura choisi la bonne option surf, avec de belles droites longues à manœuvres. (Malheureusement, nous n’aurons pas de photos de cette session). Le monde étant si petit, il y croisera même la surfeuse landaise Maud Lecar, présente pour un shooting.

Quelques photos de ce séjour à Tofo

Durant ces quelques jours dans le petit village de pêcheurs, nous faisons connaissance avec l’association Surfers not Street children dont on nous avait parlé. Nous avions apporté un peu de matériel scolaire et tshirts Chipiron. Mais tout ça fera l’objet d’un autre article blog, tant il y a de choses à dire.

Avec nos soucis de visa, nous devions reprendre la route, mais après plusieurs recherches, ce sera vers le sud et la frontière de Punta do Ouro.

Avant de partir, on s’offre une dernière session à Tofinho avec Mini (le responsable de l’asso). Ce ne sera pas la session du siècle mais quelques bouts étaient bons à prendre.

Quelques vagues, une petite rencontre avec les Blue bottles, 2-3 noix de coco plus tard, nous prenons la route pour un arrêt à Inhambane pour trouver de beaux wax à ramener à la maison pour un autre projet…

 

Sur la route du sud, nous arpentons les pistes perpendiculaires à la Nationale et ainsi trouver toutes les après midis, un endroit où se rafraichir et planter la tente. Plage de Zavora, nouveau passage à Xai-Xai, Bela Vista au bord de l’estuaire Maputo, pour finalement atterrir à Ponto do Ouro pour une belle & bruyante aventure…

Connaissez-vous Ponta do Ouro?

Après avoir passé Maputo sans encombre, nous nous dirigeons vers la station balnéaire Ponta do Ouro. Une amie d’Hossegor nous confie ses souvenirs de cette plage, au pied d’un énorme rocher, de sa dalle créant de terribles courants, de ses vagues puissantes, de son calme… mais cela a bien changé en 35 ans. Avec la nouvelle route, en seulement 2h, tous les fêtards de Maputo se retrouvent dans les dizaines de boites à ciel ouverts du village. Mais cette info, on ne l’apprendra que le soir venu, bien installé sur un parking face à la plage, bloqués entre 3 discothèques.

tshirt bleu logo pocket backprint Chipiron - lifestyle

Avant de passer la frontière, nous profitons pour nous arrêtons dans la réserve naturelle de Maputo. A l’entrée, le panneau nous annonce “entrée uniquement avec 4×4. Dégonfler à 1,5”

Je vois déjà Damien tout sourire…

Le périple est magiquement mouvementé. Il n’y a que des pistes de sable. On nous annonce une réserve d’éléphants. Après notre frayeur dans le Kruger, on espère ne pas tomber nez à trompe avec un nouveau spécimen un peu tendu…

La réserve est tellement sauvage, il n’y a que très peu de passages et encore moins de touristes. On passe un temps merveilleux, secoués dans tous les sens au milieu d’une véritable jungle.

Nous passons enfin la frontière sans trop de soucis, feignant une incompréhension à l’entrée, ne parlant pas portugais… Nous nous en sortons très bien, avec quelques meticais cédés aux douaniers, et en payant le prix du visa (soit 50$/personne). On s’en sort vraiment bien!

Welcome to Kosi Bay

 

Si mon paradis pouvait ressembler à quelque chose d’ici, ce serait certainement cet endroit. Nous nous arrêtons dans un lodge sublime, avec des aires de camp au top. Nous sommes guidés vers la réserve à proximité. Nous payons l’entrée 10€/personne pour la journée et arrivons sur un paysage d’une beauté incroyable.

A marée basse, l’estuaire se vide pour laisser des piscines naturelles d’un bleu translucide. Donc au programme snorkeling pour les garçons et mini surf pour Damien (jusqu’à ce qu’il réalise qu’il est au milieu du garde manger des grands blancs). Nous passons 2 jours de rêve, à découvrir raie manta, poissons colorés,… en se laissant bercer par les courants de l’Océan Indien.

Nous terminons ce périple africain par Hwuhwule et sa réserve connue pour ses rhinos. Ahhhh, il nous manque encore le rhinocéros et le buffle sur notre challenge Big Five. Let’s go!

On les a trouvé!

De sublimes rhinocéros en pleine sieste et un troupeau de buffles. Les garçons sont comblés.

On restera avec un goût amer face à cette image qui résume assez bien l’état de notre monde actuel… Quand nous réveillerons-nous?

 

17 jours, +3 500 kms parcourus avec notre beau 4×4, 15 bbq, des sandwichs plus ou moins bons (ne testez jamais le French Poliny hahahaha), des centaines de sourires, des centaines d’animaux, quelques frayeurs…

Il est temps de rentrer, une nouvelle saison nous attend, avec notamment l’ouverture du nouveau shop dans la Zone Pedebert à Soorts Hossegor, la boutique dans le centre-ville d’Hossegor et la reprise des cours de surf.

Ce voyage aura été très différent de ce qu’on avait l’habitude de chercher. Peu de surf mais beaucoup de temps en famille, des expériences uniques, une ouverture sur le monde pour nos kids. Nous sommes heureux d’avoir pu leur offrir cette chance.

Et sinon, en 2021, on part où? Des propositions?